1, Place des Saints-Pères 28150 YMONVILLE 02 37 32 29 16
Commune d'Ymonville (28) Eure-et-Loir

Histoire & patrimoine

Ymonville : Quelques éléments historiques

Autrefois nommé Ymonville la Grande, le village est un ancienne barronnie, aussi appelée Ymonville en Chartrain en 1404.

Mérouvilliers et Planchevilliers dépendaient alors de la paroisse de Germignonville qui formait les limites du Dunois et du Pays Chartrain.

En 1796, Ymonville la Grande fait partie du canton d'OUARVILLE, district de JANVILLE, d'après le comité de Constitution du 9 mars 1790 (l'original étant du 23 février 1790), qu’avaient signés Phélines député de Blois, Bouvet député de Chartres, Claye, Périer, Texier, le comte de Castellane députés de Chateauneuf, Auvry député de Dreux, F Margonne député du Perche pour Nogent le Rotrou. Ont également signés le 14 avril 1790, les commissaires du Rois au département d'Eure et Loir à Chartres, Asselin, de Sailly et Bourdeau.

Cette organisation fait suite à un décret du 15 janvier 1790 qui ordonne la création de 3 départements partagés en districts, ceux-ci en cantons et les cantons en communes. L’Eure et Loir est formé à partir des provinces Orléanais et Normandie.

  • Orléanais = Beauce en totalité (345987 ha), Dunois (116 902 ha).
  • Normandie = Perche en partie, .Drouais en totalité et Thimerais en totalité (139 803 ha)

En 1801, la Constitution directoriale de 1795 supprime les districts. Par la Ioi du 28 Pluviose an VIlI (14, février 1800) et l'arrêté consulaire, on décrète la division du département en 4 arrondissements communaux ou sous-préfectures et on maintient les 40 cantons. Le 28 fructidor an IX (15 septembre 1801), on réduit les cantons en 24, répartis dans les 4 arrondissements. VOVES passe arrondissement de Chartres et Ymonville est attaché à Voves qui en 1801 avait 23 communes et en 1855, 22 communes. En 1851, VOVES a 96 hameaux, 3198 maisons, 3 467 ménages et 12912 habitants.

En 1856, Ymonville a : 176 maisons 203 ménages 733 habitants
Mérouvilliers a 12 maisons 12 ménages 54 habitants
Planchevilliers a 4 maisons 4 ménages 20 habitants
Rosay a 1 maison 1 ménage 9 habitants
Totaux 193 maisons 220 ménages 636 habitants


Appelations diverses

L’origine du mot Ymonville serait germanique, le mot Yon, Immo ou Emmeno serait à l’origine des différente appellations du village : Yonvilla Magna, Immonisvilla, Haimonis Villa, Himunvilla Magna, Hémunvilla magne, Ymonisvilla, Yonvilla magna, Ymunvilla, Ymonville la Grande et Ymonville en Chartrain.

Mérouvilliers - Moirollim Villara (an 954)

Planchevilliers - Plaisensivilla - Plesenivilla - Plasentiacum Villara (an 954)

Rosay - Rosetum (an 1036) Roset

Rosay, hameau d’Ymonville est une ancienne cité mégalithique chargé de préhistoire avec ses dolmens (dit pierre levée). Il en subsite un seul, entre Rosay et Merouvilliers, non loin de la vallée de la Conie. En 1036, nous trouvons Rosetum, puis Roset. Pour l’origine on peut penser au mot roseaux.

« Terram nomine Germinionis Villam ejusque duo adjacontia hoc est, Pleseni Villam et Moirollum Villam cum suis terminationibus, in Pago Dunensi sitam. »

Pourquoi Ymonville la Grande, non à cause de sa population ou de la superficie de son territoire, mais du fait de la qualité de son sol. En effet, il fallait plus de superficie pour produire un volume donné de grains à Ymonville que par exemple à Voves. En effet, à Ymonville, on parlait de 29ares 70 pour remplir un volume donné, tandis qu’à Voves, par exemple, où les terres sont meilleures, il suffisait de 21 ares.

Chateau d'Ymonville, propriété de la CHESNAYE

Les batiments de la ferme de la Chesnaye montrent qu'un ancien chateau se trouvait à Ymonville. Il a appartenu à la famille de Cugnac de 1545 environ jusqu'au milieu du XVIIIème siècle (1736 ?) :

  • Louis de Cugnac, baron d'Ymonville, épouse Mathie de Prunelé
  • Paul de Cugnac, baron d'Ymonville, épouse Anne Hurault de Boistaillé
  • Francois de Cugnac, baron d'Ymonville, épouse le 8 avril 1634, Louise de Paviot
  • Charles de Cugnac, baron d'Ymonville, épouse le 17 novembre 1666, Anne Boucher de Biscop
  • Charles de Cugnac, baron d'Ymonville, épouse en 1705, Marie Denise de Fleurigny. Il est le dernier seigneur d'Ymonville. 
  • Louise de Cugnac épouse le 3 juillet 1747, Nicolas-Louis de Bruet de la Chesnaye et lui apporte Ymonville. 

Les Cugnac ont vécu environ 190 ans au Chateau d'Ymonville. 

Anne Hurault de Boistaillé est inhumé dans l'église d'Ymonville. 

Le château a été démoli peu après 1870. Seules subsistent quelques traces dans l'enceinte de la ferme. Il en reste quelques caves et un souterrain aujourd'hui inaccessible. Une des caves à proximité du chateau reste accessible. Cette cave creusée dans le roc, est soutenue par des piliers en pierres taillées se joignant en arcs boutants. Entre ces piliers restent quelques banquettes en pierres.

Cave de la Chesnaye

Texte retrouvé sur les différents propriétaires de cette propriété :

"Les immeubles vendues à M Levassor Adelmir appartenaient à Mme la marquise Aymer de la Chevalerie née Beaumont d'Antichamp, biens recueillis de la succession de Mme Marie Antoinette adeline Agard de Maupas sa mère, épouse de monsieur Marie Gabriel Joseph Amblard de Beaumont comte d'Antichamp. Cette comtesse d'Antichamp était la propriétaire par dot de Mr Auguste Marie Agard marquis de Maugas et Mme Geneviève Stéphanie Félicité Cécile de Martigny épouse de ce dernier. Madame Aymar de la Chevalerie demeurait à la Guichetière, commune de Secondigny (Deux-Sèvres)."

 

Anecdotes

D'une brochure relatant le château de St Germain, commune de Fresnay l'Evêque, un passage signalait la levée de quelques hommes pour les armées du Roi imposée par le comte au baron d'Ymonville.

La Garenne, champtier joignant la propriété était entourée de murs, les derniers restes de fondation le long du chemin pierré allant au moulin à vent de M. Sautton ont été supprimés il y a quelques années.

Varenne ou Garenne - Vern (origine celtique) et Varne (origine teutonique). Au Moyen Age, on désignait (Warenne) une forêt défendue où le seigneur seul avait le droit de chasser.

Il a été transmis oralement de génération en génération qu'une secte protestante s'était formée à Ymonville ainsi qu'à la ferme de Granvilliers, commune de Viabon. Les calvinistes avaient aussi un prêche. Est-ce que les néophytes ont été passés clandestinement dans une cave attenant à cette Garenne comme les premiers chrétiens ?

Dans la période propère de la Réforme, un temple a-t-il été construit près de cette cave ? Une grange par son architecture semble l'indiquer. Dans le jardin, des ossements dont un crâne humain ont été trouvés, est-ce les tombes de la secte ?

Article de Roger Vaultier paru sur le journal LA DEPECHE D'Eure et Loir en 1939

La mère Lusine en Beauce

L'histoire de Mélusine - ou mère Lusine - et de la famille de Lusignan est bien connue, nous ne la raconterons pas, le docteur Léo Desaivre dans un volume publié il y a 50 ans, a résumé tout ce que l'on savait sur cette fée mystérieuse et son iconographie. En feuilletant le récit de voyage de Prasville à Bordeaux du bon curé Perrault, nous n'avons pas été peu surpris de rencontrer un texte concernant ce fantôme attaché à la maison de Lusignan et qui parait n'avoir jamais été à vendre. Notre bon touriste passant par Lusignan, charmant village poitevin, rapporte un fait qui s'est passé à Ymonville, une dame de cette maison nommée Françoise de Lusignan, veuve du seigneur de Boissi s'était retirée au château d'Ymonville dans notre Beauce, à une lieue de Prasville chez le baron de Cuganc, son neveu il y a environ soixante ans. On vit un jour passer sur le château un oiseau d'une figure gigantesque qui poussa par trois fois des cris aigus et toujours terribles et effrayants pendant la nuit. C'est à moi, s'écria aussitôt la dame de Lusignan, c'est à moi que s'adresse cet avertissement. Je reconnais l'oiseau de notre maison. C'est notre mère Méluzine qui m'annonce ma fin prochaine. Je n'ai plus que quelques jours à vivre. Elle avait alors 92 ans, mais elle jouissait d'une bonne santé. La vieille dame mit aussitôt ses affaires en ordre et attendit la mort qui survint le quatrième jour après le passage du sinistre oiseau. Perrault affirme que "c’est de Mlles de Cugnac d'Ymonville qui ont été témoins oculaires", qu’il tient cette histoire étrange que confirment en effet en partie, les registres de la petite paroisse d'Ymonville. Nous lisons à la date du 25 novembre 1706 que Dame Françoise de Lusignan âgée de quatre-vingt ans ou environ veuve de messiure Charles de Paviot seigneur de Boissy le Sec, fut inhumée dans le chœur de l'église. Le corps de la vieille poitevine repose peut-être toujours sous les daIles de l'antique église beauceronne peut être aussi en- tend on gémir encore par les nuits froides d'hiver le cri sinistre et prophétique de la mère Lusine qui veille toujours sans trêve et sans répit sur ses enfants. Pour compléter ce peut-être, monsieur le Curé Franchet pendant son apostolat à Ymonville avait profité du passage d'un sourcier pour sonder l’église, le pendule s'agita au tabernacle (peut-être l'or du ciboire) et sous les dalles était signalé la présence du corps.

Église Saint - Saturnin d'Ymonville (Eure et Loir)

L'église d'Ymonville est gothique, sans époque définie, et serait très ordinaire sans les aménagements qu'y opéra au XVIIIe siècle, l'abbé Bordas, connu comme historien du Dunois, ce qui ne l'empêchait pas de témoigner un zèle tout particulier dans l'administration de sa paroisse. Peu après son arrivée fut percée la grande porte au bout de la nef, en 1746.

En 1748, l'intérieur fut reblanchi et eurent lieu les premières commandes de mobilier.

En 1749, le clocher fut réparé.

En 1748, les gagers passèrent un marché avec Germain Grenet, menuisier à Louville, pour la confection du banc d'œuvre, et d'un aigle au lieu duquel fut fait un lutrin de fer forgé.

En 1761 et 1762, la clôture du chœur fut remplacée par une grille en fer, œuvre de Jean-René Nesle, de Châteaudun, dont on connaît par ailleurs une série d'ouvrages importants.

En 1767, le confessionnal fut posé par Paul-Armand Marlier, menuisier à Ymonville.

En 1768, Étienne Clément, menuisier à Châteaudun, qui sculpta en 1760 les boiseries garnissant les murs du chevet, dessina un tabernacle exécuté (mais pas fidèlement, comme le fait remarquer le curé) à Sablé par Yves Harnon, marbrier, et bénit en 1771. Les boiseries portent les armomes d'une demoiselle de Cugnac, baronne d'Ymonville. Cette décoration de qualité a eu la bonne fortune de n'avoir pas été altérée.

L'emplacement du maître-autel, qui n'adhère point au mur du fond, est exactement calculé. De la même époque sont les deux peintures avec leurs encadrements et les deux niches qui garnissent les angles de la nef. La chaire est peut-être antérieure.

L'autel de la Vierge est de 1722.

Sous le cœur de l’église, on soupçonne l’existence d’une crypte qui contiendrait les restes de plusieurs corps. L’existence de cette crypte a été confirmée par la venue d’un sourcier.

Le clocher de l’église est équipé d’une cloche en bronze. Cette cloche avait été baptisée au début du 20ème siècle. Elle a été électrifiée après la seconde guerre mondiale. Elle a récemment été réparé et sonne aujourd’hui la cadence dans le village.

 

La pierre Levée

Pierre Levée

La pierre levée (ou pierre druidique comme retrouvé sur certaines cartes historiques) se trouve à proximité de la ferme de Rosay

Elle faisait partie d'un ensemble plus complet, dont elle est le dernier élément existant. La pierre plate juste à côté a été rapprochée récemment mais était surement un élément d'une autre pierre levée, ou dolmen.